Présentation de l'activité
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Le canyonisme est une activité sportive de nature à la croisée des
chemins entre spéléologie, randonnée pédestre et escalade d'une
part, et sports d'eaux vives d'autre part. L'activité consiste à
progresser dans le lit de cours d'eau dont le débit est relativement
faible, à travers des gorges ou des ravins étroits, avec des
cascades de hauteurs variées et des vasques plus ou moins profondes.
La progression dans un canyon se caractérise par le niveau de
difficulté et d'équipement nécessaire. Lorsque l'activité ne
nécessite pas d'équipement particulier, sinon une combinaison et des
chaussures adaptées, on parle alors de randonnée aquatique. De
nombreux cours d'eau ardéchois permettent de s'y adonner. En
revanche, la progression par fort dénivelé dans des canyons
encaissés nécessite un équipement particulier (baudrier, longes,
casque) et la maîtrise des techniques de progression sur cordes.
L'équipement individuel inclut au minimum une combinaison néoprène, un
casque, des chaussures ne craignant pas l'eau et munies d'une
semelle anti-dérapante, d'un baudrier adapté à l'activité équipé de
deux longes et d'un descendeur. L'équipement collectif est
essentiellement constitué de cordes, de matériel de progression
(mousquetons, dégaines, descendeurs supplémentaires), de matériel de
sécurité et de secours (corde de secours, matériel de remontée sur
corde, trousse à pharmacie, lampe, etc.).
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Les canyons se développant en général dans des milieux ombragés,
l'eau est souvent fraîche, ce qui, cumulé à la fatigue de la
progression, fait du canyonisme une activité à forte consommation
énergétique. Il est donc conseillé d'emporter également de quoi se
ravitailler au cours de l'activité (barres de céréales par exemple).
Tous les canyons n'étant pas forcément équipés de broches et
d'amarrages fixes, il convient de prévoir le matériel adéquat de
telle sorte que la descente puisse s'effectuer dans de bonnes
conditions, tout en rendant possible le rappel de la corde depuis le
bas, après la descente du dernier équipier.
Le relief et les conditions climatiques et géologiques de l'Ardèche
offre une grande variété dans les parcours permettant la pratique du
canyonisme. Les gorges entaillées en terrains calcaires (canyon de
Pissevieille par exemple) présentent des parois verticales, et des
passages étroits dont la largeur peut parfois être inférieure à un
mètre pour une hauteur de plusieurs mètres. Plus au nord et à
l'ouest, dans la Montagne ardéchoise, on évolue d'avantage au
travers de roches granitiques (Chassezac) ou schisteuses, sur des
parcours pour certains très chaotiques.
Si le canyonisme est une activité ludique et attrayante, elle n'en
reste pas moins une activité pouvant rapidement devenir dangereuse.
Outre les dangers liés au terrain lui-même et à l'eau vive, la
première des précautions est de rester humble et prudent dans un
milieu naturel aux composantes variables. En premier lieu, un grand
nombre de parcours de canyonisme ne présente pas ou peu
d'échappatoire permettant de quitter le parcours avant son terme ou
de le remonter en sens inverse. La montée des eaux très rapide et
l'extraordinaire augmentation du débit occasionnées soudainement par
un orage sur le bassin versant, constituent alors le principal
danger. Il s'agit là de la cause de la plupart des accidents mortels
constatés lors de la pratique du canyonisme. Il est donc vital de
s'engager uniquement après s'être assuré de conditions
météorologiques favorables sans le moindre risque d'orage. Ensuite,
la méconnaissance des dangers de l'eau vive piège de nombreuses
personnes qui ne soupçonnent pas la force des mouvements d'eau
("rappels") au pied des obstacles (toboggans ou cascades) ou entre
les blocs (siphons). Enfin, l'inconscience des dangers en milieu
naturel peut également être un facteur d'accidents en canyonisme.
Parmi les règles à respecter, il convient de s'engager avec le
matériel adéquat et une bonne condition physique sans surestimer ses
capacités, de ne jamais stationner en bas d'un rappel du fait du
risque de chutes de pierres, de vérifier la profondeur des vasques
avant d'y sauter et de s'assurer en toutes circonstances de la
stabilité de ses appuis lors de la progression entre blocs sur sol
glissant.
Enfin, l'activité n'est pas sans impact sur les biotopes particuliers
qui caractérisent les canyons, en particulier du fait du piétinement
au fond du cours d'eau, lorsque celui ci présente une flore
aquatique développée. Différentes études ont néanmoins démontré que
cet impact était relativement modeste au regard de l'impact des
crues. Par ailleurs, cet impact est plus modeste lorsque le canyon
est essentiellement rocheux sans que la flore n'ait pu s'y
développée. Quelques précautions de bon sens et un respect permanent
de l'environnement (aucun déchet abandonné notamment) permettent de
limiter considérablement cet impact.
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